[Polymedis] H+Nurse: des concepts métiers articulés selon la logique de la pratique quotidienne des soins

L'informatisation du dossier infirmier touche au core business des soignants, aussi doit-il s'inscrire sans heurts dans la pratique quotidienne pour en épouser la logique. L'intégration d'une solution logicielle à la démarche de soins importe donc tout autant, s'agissant d'une «solution métier», que son intégration à l'ensemble du système informatique, son interopérabilité ou sa convivialité. C'est ce que pointe Georges Lheureux, infirmier référent à l'informatique à la Clinique Saint-Jean de Bruxelles, qui y coordonne l'implémentation du dossier infirmier et de soins (H+Nurse), du circuit du médicament (H+Drug) et de l'extraction du Di-RHM (H+Score).

Infirmier de métier, doté d'une formation complémentaire en informatique et soins, ainsi qu'en coordination de projets, Georges Lheureux attache une grande importance à l'intégration des logiciels H+Nurse, H+Drug, H+Score au système informatique existant et à la démarche métier, pour que «le médecin puisse prescrire, la pharmacie valider et l'infirmière administrer» dans un flux cohérent, bien organisé. Aussi, parmi les différents critères retenus pour répondre aux impératifs d'informatisation du dossier infirmier, comme la convivialité ou l'interopérabilité, celui de l'intégration à la pratique a permis d'emporter l'adhésion: «Nous avons procédé à un tour de marché pour trouver un package logiciel susceptible de répondre aux différents besoins nés notamment des nouvelles directives du SPF en matière de DI-RHM, explique Georges Lheureux. Nous avons été agréablement surpris par la logique dans le programme des déductions axé sur les besoins du patient: problèmes/diagnostics/activités, car ce sont des concepts métiers articulés selon la logique même de la pratique quotidienne.

«Proche de la logique de soins, H+Nurse présente un bel équilibre entre le conceptuel, la faisabilité et la convivialité»

H+Nurse présente un bel équilibre entre le conceptuel, la faisabilité et la convivialité, comme l'illustre le concept de mannequin: le patient est figuré comme un mannequin auquel on attribue un motif d'admission en pointant l'organe touché, ce qui ouvre une liste de pathologies, puis, suivant la même logique, une démarche de soins, un appareillage, etc. D'autres éléments, comme la paramétrisation ou l'extraction automatique des données nous ont également séduits. Ensuite, nous avons visité d'autres hôpitaux, exécuté des démos avec les chefs infirmiers et discuté de l'intégration du package logiciel de Polymedis pour enfin prendre la décision en décembre 2008.»

L'implication interne du personnel et de la cellule H++team, la complémentarité et la réactivité de Polymedis pour trouver des solutions sur mesure

L'implémentation concrète des logiciels est prévue sur une durée de 3 ans (d'octobre 2010 à octobre 2013), selon un phasage qui doit permettre l'intégration dans le système informatique existant et la connexion avec le dossier médical ou encore avec la pharmacie. Pour préparer le projet au mieux et faciliter son introduction dans les unités de soins, un petit groupe de travail a été constitué pour voir les attentes du terrain et susciter l'implication de tous les corps de métiers. «Dans la mesure où ces logiciels agissent sur le core business, sur les soins, il importe que chacun soit convaincu de leur utilité et de leur fonctionnalité. De ce point de vue, le soutien de la direction et du terrain ont été primordiaux, souligne Georges Lheureux. Du petit noyau initial, nous avons évolué vers une équipe spécifique (H++team), équivalente à 4,5 ETP, dévouée à cette seule tâche. C'est un investissement conséquent pour une institution de taille moyenne comme la nôtre, qui montre à la fois le support de la direction et la volonté de bien encadrer et d'assurer le suivi d'une implémentation qui va bouleverser l'activité et les services.
C'est d'autant plus vrai qu'il faut concilier différents métiers, différents statuts et travailler à l'implémentation des logiciels H++ - bilingues - dans les deux langues nationales. Les sessions de formation ont également été faites dans les 2 langues, de même que le vade-mecum.
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A côté de ce travail en interne, les échanges fréquents avec Polymedis, la réactivité de la société pour que les problèmes ou questions trouvent rapidement une réponse est également fondamentale pour la bonne mise en oeuvre du projet. «C'est un travail qui se fait en complémentarité, affirme Georges Lheureux, où la volonté de s'impliquer à fond pour trouver une solution est un élément de "sur mesure" très important, d'autant que de nombreux concepts permettront, à terme, d'aller plus loin encore, de greffer de nouvelles fonctionnalités: la collaboration avec Polymedis est donc un partenariat sur le long terme où le potentiel, la disponibilité, la stabilité et le suivi sont essentiels.»
Entre octobre 2010 et février 2011, H+Nurse a été introduit dans une unité de test pour permettre la paramétrisation, et évaluer le fonctionnement et l'acceptation du logiciel dans le feu de l'action. «Nous avons encadré l'équipe de test qui avait été formée au préalable, 7 jours sur 7 pendant une semaine, afin de pouvoir recueillir les remarques, souvent constructives, et corriger certains éléments, explique Georges Lheureux. H+Nurse a très bien été assimilé, ce qui est fondamental car les soins infirmiers sont très structurés et ne peuvent pas être freinés par l'apprentissage d'un logiciel: chacun doit être gagnant, les soignants comme les patients. Le patient sera tout à fait gagnant lorsque l'intégralité du dossier aura été informatisé, car d'autres activités vont venir se greffer pour faciliter des processus tels que l'admission, l'organisation du séjour ou encore le séjour même avec la possibilité de surfer sur le réseau wifi pour lequel nous avons opté. En ce qui concerne le personnel infirmier, les nouvelles directives pour remplir le DI-RHM et justifier l'activité imposaient le passage à l'informatique. Il est impossible de répondre aux exigences du ministère via le format papier. Le remplissage des champs peut sembler plus lourd et plus délicat dans la mesure où les champs doivent impérativement être remplis et de manière nominale mais, en retour, le dossier est qualitativement meilleur, ce qui favorise une très bonne prise en charge des patients, sans qu'il soit nécessaire de tout réexpliquer. Les trajets, les flux d'informations sont extrêmement complexes dans l'univers des soins. C'est pourquoi le gain de temps se manifeste moins au niveau de chaque dossier individuel qu'au niveau de l'organisation générale, au niveau de la fluidité des flux, selon les principes du lean management.
Tout le monde est confronté à une même systématique, à une standardisation et l'équipe de support, avec celle de Polymedis, fait en sorte qu'elle s'intègre au mieux à l'existant pour que, in fine, le patient en soit le grand bénéficiaire.
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Un gain de temps organisationnel et un meilleur dossier pour favoriser une prise en charge de qualité du patient et répondre aux exigences en matière de DI-RHM

Après cette phase pilote, les logiciels H+Nurse, H+Drug et H+Score vont être implémentés dans les services traditionnels, en commençant par la cardiologie. «Il s'agira ensuite de doter les services spécialisés, dont les urgences en priorité. Par ailleurs, nous souhaiterons sans doute ajouter et développer des fonctionnalités. Il y a également un projet que nous avons évoqué avec Polymedis sans que rien ne soit conclu pour l'instant: celui d'impliquer les nombreux étudiants qui viennent ici en stage. Comme je l'ai mentionné, H+Nurse est très proche du métier et de la pratique au plan du concept et de la logique (problèmes/diagnostics/ activités). Pourquoi dès lors ne pas faire une plateforme et mettre le logiciel à disposition des grandes écoles, avec évidemment toutes les précautions d'usage et d'accès? Ce serait une situation win-win pour toutes les parties: les jeunes stagiaires pourraient d'emblée se débrouiller avec le dossier infirmier et de soins informatisé et il ne serait plus nécessaire de les former à l'embauche, tandis que pour Polymedis ce serait une belle reconnaissance de la qualité et de la fonctionnalité de leur produit.»


Auteur :
Article paru dans la revue Healthcare Executive - Février 2011

Avec la participation de :
Mr. Georges Lheureux, infirmier référent à l'informatique à la Clinique Saint-Jean de Bruxelles

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