[Polymedis] Maturité et interopérabilité: critères de choix des nouvelles solutions logicielles

Les choix institutionnels et l’approche méthodologique sont essentiels quand il s’agit d’implémenter de nouvelles applications logicielles. Répondre aux besoins internes des soignants et des services (dossier médical informatisé, prescriptions, urgences) et aux impératifs externes (Réseau Santé Wallon, eHealth) constitue en effet un «challenge technique et un vaste projet humain» qui demande «un accompagnement interne et externe de grande qualité », explique Philippe Bricout, directeur informatique de la Clinique Saint-Pierre à Ottignies. Ce dernier nous détaille les grandes étapes qui ont conduit la Clinique Saint-Pierre à l’adoption des solutions logicielles de Polymedis, dont la maturité et l’interopérabilité ont séduit tous ses acteurs.

Situation informatique de la clinique St-Pierre

La Clinique Saint-Pierre s’est établie sur le site d’Ottignies en 1973, peu après la création de Louvain-la-Neuve. C’est la principale institution hospitalière du Brabant Wallon. Elle dessert une population en pleine expansion. Cette année 2010 a vu l’inauguration d’un nouveau bâtiment, qui permettra un plus grand confort pour l’accueil des patients externes. De ce fait des surfaces de l’ancien bâtiment pourront être reconditionnées pour l’hospitalisation classique et l’hospitalisation de jour.

Avant l’an 2000, l’informatique couvrait essentiellement les besoins administratifs et le laboratoire. Le passage au troisième millénaire et le passage à l’euro ont été des moteurs pour un renouvellement complet des logiciels administratifs (HIS) et une couverture graduelle des besoins médicaux (DMI, RIS, Pacs, agenda médicaux…).

La culture médicale et la volonté des médecins de l’institution d’unir leurs efforts a permis l’adoption d’un seul dossier médical au profit de la synergie et de la collaboration multidisciplinaire plutôt que l’acquisition d’une multitude de logiciels spécialisés dans une discipline particulière. De 2000 à 2010, cette approche centrale permet d’ancrer des logiciels plus spécialisés (néphrologie, anesthésiologie…). Plusieurs années ont cependant été nécessaires pour déployer une gestion des lits en temps réel dans l’ensemble des unités de soins, avec une parfaite interopérabilité avec le système administratif. Huit cents infirmières ont donc été formées à l’utilisation de ce logiciel. Diverses applications logistiques (planification des horaires infirmiers, gestion des commandes de repas avec la prise en charge par les diététiciennes…) ont été progressivement introduites au cours de la dernière décennie. Des efforts ont été également consentis en vue d’offrir un accès au courrier médical aux médecins traitants avant les initiatives coordonnées au niveau régional et national (eHealth et Réseau Santé Wallon). Le DI-RHM introduit par le SPF depuis quelques années est un aiguillon pour une informatisation plus profonde au service des soignants.

Impératifs et objectifs poursuivis

Comme premier impératif, la direction de l’institution devait répondre aux besoins légitimes des soignants, dont la tâche doit être allégée et sécurisée par l’introduction du dossier patient informatisé.

Un second impératif est lié à la construction d’un nouveau service d’urgences nettement plus vaste. Ceci nécessitera l’abandon d’une culture orale et/ou papier de transmission et du suivi des ordres médicaux, pour un véritable outil informatique avec un tableau de bord de pilotage en temps réel de l’activité des urgences.

Le troisième impératif est la volonté de se doter d’une prescription informatisée pour les médicaments. Au cours de la réflexion pour faciliter le travail des médecins, nous pensions qu’il était souhaitable de n’utiliser qu’une seule application pour prescrire. Il a donc été décidé que la prescription laboratoire, la prescription radiologie et les autres demandes d’examens se feraient à partir de l’application Polymedis. Un serveur de résultats Polymedis aidera à mettre en place ces prescriptions.

Facteurs, méthodologie et approche qui ont présidé au choix

Le choix de départ est exclusivement fonctionnel et n’inclut au départ que la vision des urgentistes, du département infirmier et de la pharmacie. La direction générale a suivi ce processus de près car il s’agit d’une décision institutionnelle. Le service informatique ne s’est associé à ce choix qu’après cela.

Plus particulièrement, le département infirmier a jugé que la démarche en soins pourrait être déployée plus facilement via l’application H+ Nurse de Polymedis qu’avec d’autres applications ayant le même objectif. La mise à disposition d’un chef de projet Polymedis rompu aux aspects métiers est certainement un facteur essentiel dans la prise de décision. En effet l’abandon du papier et l’adoption de la démarche en soins représente un challenge et ne pourra conduire à une réussite qu’avec un accompagnement externe et interne de grande qualité. Plus que tout autre logiciel, l’arrivée de H+ Nurse dans notre institution est avant tout un vaste projet humain.

La prise de décision a cependant pris plusieurs mois. Au cours de ces mois, des visites sur site dans des institutions similaires à la nôtre ont eu lieu de manière totalement indépendante de l’éditeur Polymedis. Les éditeurs de logiciels ont bien entendu pu présenter leur solution. A ce stade de la prise de décision, les aspects techniques et financiers ne sont pas intervenus. Il faut noter que la maturité des logiciels a joué un rôle significatif dans la décision. Dans le passé des éditeurs de logiciels nous ont approchés dans l’optique de réaliser un projet de développement. Nous avons tourné le dos à cette approche car nous voulions des applications ayant déjà fait leurs preuves et disponibles dans un délai raisonnable. Nous savons bien que l’interopérabilité de ce logiciel avec nos solutions actuelles est un gage de réussite de l’implémentation des applications Polymedis.

Ensuite, quand les décideurs métier ont marqué leur choix, le service informatique a rencontré l’éditeur pour aborder le volet technique, surtout en ce qui concerne l’interopérabilité, et a proposé un phasage réaliste sur trois années. Loin de dénigrer les plateformes techniques proposées par Polymedis, l’IT a perçu une grande ouverture pour implémenter les applications H+ Nurse, H+ Acute, H+ Drug, H+ Result, H+ Score dans l’infrastructure principale adoptée par la clinique Saint Pierre (VMWARE, Windows, Oracle).

Nous ajouterons une part de nouveauté (du moins pour notre institution), car les postes de travail dans les unités de soins seront basés sur des PC légers avec le système Windows 7 embarqué (WES 7), accessibles en mode kiosque via une authentification forte via la carte par radiofréquence (RFID).

Nous espérons que cette couche de complexité IT engendrée par l’adoption de ces techniques offrira mobilité, rapidité et sécurité pour les utilisateurs.

Bénéfices escomptés?

H+ Nurse doit devenir un produit structurant pour le département infirmier et apporter plus de rigueur dans la tenue du dossier patient. Le déploiement H+ Nurse commencera en 2011.

Nous percevons H+ Score d’abord comme un outil destiné au spécialiste du DI-RHM. Il ne pourra donc nous apporter un feedback exhaustif des activités qu’en fin de projet.

H+ Drug doit permettre un gain de temps pour le département infirmier (fini les recopiages) et une plus grande précision des médecins pour la prescription ce qui devra faciliter le travail des pharmaciens hospitaliers. Pour le pharmacien, la sécurité que devra donner H+ Drug est l’élément clé. Grâce à H+ Drug, les trois acteurs – médecin, pharmacien et infirmier – auront la même vue sur la prescription.

H+Acute doit conduire à une meilleure circulation de l’information au sein des urgences et aboutir à l’abandon du dossier papier. La lettre de sortie générée par l’application H+ Acute sera nettement plus lisible pour la prise en charge par d’autres cliniciens si le passage aux urgences débouche sur une hospitalisation ou par le médecin traitant après la sortie des urgences.

Lors de l’étude technique, nous avons perçu H+ Result comme une application utile pour éviter de mettre en jeu des consultations complexes des données du laboratoire et des protocoles d’imagerie. L’avenir nous dira si nous avons vu juste, car au moment de la décision, l’application H+ Result était en plein développement. H+ Result a d’ailleurs été abordé dans le numéro 54 (septembre 2010) de Healthcare Executive.


Auteur :
Healthcare Executive
Article paru dans la revue Healthcare Executive - Novembre-Decembre 2010

Avec la participation de :
M. Philippe Bricout, directeur informatique de la Clinique Saint-Pierre à Ottignies

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